mardi 13 octobre 2009

Kérak

Dans la série les taxis sont nos amis, aujourd'hui un épisode à inscrire dans les annales.

Nous avons décidé de partir pour Kérak 1 jour plus tôt que prévu et d'augmenter ainsi le temps à consacrer aux superbes paysages du sud. L'hôtel réglé, il nous faut rejoindre la Wahdat station, située hors plan sur nos guides.

1er taxi hélé, le mec comprend visiblement rien à l'anglais et me tend son portable « Bus station to Karak? Why bus? Take taxi, 50 JD! »... 5minutes pour lui faire comprendre ce qu'on voulait, arrive donc la fameuse question: « How much? »: « 5JD ». Nous nous concertons. Nous nous retournons vers le chauffeur qui nous lance alors un : « 10 JD ». Sur ces mots Christèle tourne les talons et le chauffeur de crier « 5JD ! 5 JD ! » de nouveau. Cela ne nous a pas convaincu.
Taxi : 0 / Pastele : 1 !

On descend donc la rue et 50m plus loin nous profitons d'un carrefour pour attraper le premier taxi qui arrive. Premier soulagement, le petit papy parle anglais, a le sourire, et nous indique son compteur comme tarif. Ok ça semble honnête, on est parti ! Enfin 2 minutes après, le chauffeur nous propose un « Turkish coffee ». La bonne surprise : du très bon café, non sucré avec un léger goût de cardamone. Merci papy taxi ! Arrivés à la station, il nous pose devant le bon bus, après nous avoir défendus devant la horde classique de taxi-service qui profitent que les destinations soient exclusivement inscrites en arabe pour re-router les touristes dans leur voiture. Il nous dit alors (in English please) : « Ils sont fous ces gens ! Ils veulent absolument vous faire prendre le taxi alors que je leur dis que vous prenez le bus ». Enfin quelqu'un qui nous comprend. Papy si tu savais, ça nous arrive tout le temps ! Au final la course+tip nous coute 4JD, mais aura été un moment agréable. De quoi se réconcilier un peu avec la profession. Mais la journée n'est pas terminée...

2h de route et et nous voilà à Kérak ! Nous prenons possession d'une chambre à la vue magnifique sur la vallée, et demandons à notre hôte s'il peut contacter un taxi pour faire l'aller-retour au Wadi-Mujib le lendemain. Pour situer la complexité de la demande, il faut que le chauffeur nous amène à une distance de 50km à 6h du matin, et nous ramène 6 heures plus tard. Ça semble périlleux mais on tente.
En allant rechercher nos passeport 15min plus tard, je trouve le gérant de l'hôtel en pleine discussion avec le supposé taxi. Premier prix annoncé: 50JD. Outch... J'indique que c'est beaucoup plus que ce qu'on pensait mettre histoire de faire descendre le prix. 5 minutes de négociations plus tard (le taxi ne parle évidemment pas l'anglais sinon c'est trop facile) 45JD, pas mieux. Je dis donc au gérant que je vais voir avec Cri, qu'on va se renseigner autrement et qu'on lui donne notre réponse dans la soirée.

Retour à la chambre: conseil de guerre, nous allons à la taxi station de Kérak, bien décidés à éprouver nos (très faibles) qualités de négociateurs et revenir avec une autre proposition.

10 minutes plus tard, nos sommes en plein centre populaire de Kerak, ça grouille, ça sent les épices et le poulet grillé, et nous sommes devant 4 taxis à l'arrêt; non non pas de bureau de renseignements, la taxi station: c'est ça.
Allez on se lance, on se dirige vers l'un d'entre eux. Ah ben tient c'est étonnant il parle pas l'anglais ! Donc forcément il appelle un pote... qui parle pas non plus l'anglais. Arrivent donc deux autres personnes d'on ne sait où. Ça y est ils sont en surnombre. Les questions fusent, j'en comprends pas la moitié, et de toute façon je crois qu'elles n'attendent même pas de réponse.
Et là, coup de théâtre: le chauffeur présenté par l'hôtel arrive dans la mêlée. Et merde, non seulement notre plan diabolique va foirer, mais en plus il va faire se vexer et ne voudra plus nous emmener...
En fait, il ne nous parle même pas, et a priori défend son territoire. Ils en viennent même aux mains! Bon ils rigolaient mais quand même, ça fait un choc de voir des adultes s'étrangler dans la rue!
Bref, au milieu de tout ce joyeux bazar, un prix se fait entendre, 60JD. Ouais mais non faut pas déconner, on a déjà moins. Alors on y va au bluff: on veut 30JD pas plus. Notre proposition a le mérite de faire partir 2 taxis, les autres nous expliquant qu'à ce prix là, on ne trouvera pas.
Tant pis, on repart broucouille, à la fois un peu dégoutés de notre échec et réalisant que 45JD c'était un bon prix et que putain c'est cher la Jordanie en fait!
Taxi : 1 / Pastele : 1.

Après une visite du château de Kérak, nous rencontrons deux beneluxoises (je sais à 2 c'est pas possible mais j'ai la flemme) intéressées par l'aller au Wadi Mujib, ce qui suscitera peut-être l'augmentation du prix de 5JD d'après notre négociateur de l'hôtel.

Après une mauvaise nuit de sommeil (pas possible les prières des muezzins la nuit !), nous retrouvons donc nos Bénéluxoises et le taxi à 6h du matin. Pas de renégociation du prix à la vue des nouvelles venues... étonnant ! Après 10 minutes à rouler au milieu de nulle part le taxi nous informe que ce sera +10jd. Nous nous offusquons tous mais le taxi ne parle toujours pas anglais. Voyant que le débat n'avance pas, on laisse tous tomber en se disant qu'on verra bien à l'arrivée.

On arrive donc et là, c'est reparti. Comment expliquer au taxi qu'elles ne font que l'aller, que le négociateur nous a dit pas plus de 5JD de surcout et que le taxi c'est pas le bus, on ne paye pas par personne, quand on ne parle pas de langue en commun. Quand on ne peu pas argumenter, la négociation se limite à des gros non de la tête et répéter le prix que l'on veut sans convaincre personne. Finalement, nous trouvons sur le site un guide qui parle anglais. Après force explications, nous tombons d'accord pour +5jd à condition que le chauffeur emmène nos Beneluxoises à leur prochaine destination en fin de journée pour encore 25JD. Là il était content le chauffeur ! Nous aussi dans un sens d'arriver à un accord SANS s'être fait avoir.
Taxi : 2 / Pastele : 2

Cette partie se conclut sur un match nul... mais que de belles actions ! Quelle partie disputée ! Du haut niveau... Et vive le bus !


Demain: Wadi Mujib'aigne mes fesses.

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